Bien que situé dans mon pays, je place ce sujet sur tombeau de Charles le Téméraire dans les nécropoles des princes de la Maison de France.
Car il ne faut pas oublier que le duc de Bourgogne était aussi un prince de la maison de France mais aussi le plus grand ennemi de Louis XI qui à force d'intrigues mènera le duc à sa perte et ainsi s'emparera du duché de Bourgogne .
BIOGRAPHIE Qui était Charles le téméraire ?
Charles de Valois-Bourgogne, dit Charles le Téméraire (Dijon, 11 novembre 14333 – Nancy, 5 janvier 1477) est, après Philippe II le Hardi, Jean sans Peur et Philippe III le Bon, le quatrième et dernier duc de Bourgogne (de la branche des Capétiens-Valois), souverain de l'État bourguignon
Né le 10 ou le 11 novembre 1433 au palais des ducs de Bourgogne de Dijon, Charles est le troisième fils, devenu aîné après les décès en bas âge des deux premiers, Antoine et Josse, du duc Philippe III de Bourgogne (Philippe le Bon) (1396-1467), et de sa troisième épouse Isabelle de Portugal (1397-1472), fille du roi Jean Ier de Portugal.
Charles reçut le titre de comte de Charolais qui, sous les ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, était réservé à l'héritier des États bourguignons. En 1452, alors qu'il n'a que dix-neuf ans et n'est encore que comte de Charolais (actuelle Saône-et-Loire, en Bourgogne), il réprime avec une extrême brutalité le soulèvement des Flamands lors de la rébellion de Gand dans les Pays-Bas bourguignons et se trouve au combat de Rupelmonde, et à la bataille de Gavere.
Quelques années plus tard (septembre 1456), se produit un événement qui aura à terme des conséquences funestes pour Charles comme pour l'État bourguignon : le dauphin de France (futur Louis XI), fuyant la vindicte paternelle, cherche refuge en terre bourguignonne. Son cousin Philippe le Bon, à qui il demande asile, lui alloue une pension annuelle de 48 000 livres ainsi que le château de Genappe comme résidence Louis y demeura jusqu'à la mort de Charles VII (22 juillet 1461) qui le fit enfin roi. Durant ces presque cinq années, Genappe (depuis lequel le dauphin en exil observe les intrigues de la cour bourguignonne, sonde les esprits de ceux qui la composent, s'emploie à séduire ceux qui pourront lui être utiles, note discrètement les forces et faiblesses d'un Etat encore fragile)
Alors que Philippe le Bon, son père vieillissant, règne encore sur les riches mais disparates terres bourguignonnes, Charles prend la tête de la redoutable Ligue du Bien public qui s'est formée contre Louis XI parce que celui-ci voulait briser l'indépendance de ses plus puissants vassaux (Bourgogne, Bretagne, Bourbon). Le 16 juillet 1465, Charles tient en échec son royal adversaire à la bataille de Montlhéry, après qu'au cours de celle-ci, les cavaliers du comte du Maine, c'est-à-dire l'aile gauche de l'armée du roi, ont pris la fuite sans même combattre8.
Aidé des princes coalisés, le hardi Bourguignon assiège ensuite Paris, contraignant Louis XI à signer le traité de Conflans (5 octobre 1465)9, par lequel Bourgogne récupère ou obtient la Picardie, notamment Amiens, Abbeville, Guines et Saint-Quentin, mais aussi Boulogne-sur-Mer.
Le 25 août 1466, Charles prend d'assaut et brûle Dinant en bord de Meuse, en révolte contre le protectorat bourguignon. Il espère ainsi étouffer les velléités d'indépendance de la principauté de Liège, une terre d'Église dont le contrôle est indispensable à l'unification des Pays-Bas bourguignons Philippe le Bon meurt le 15 juin 1467. Charles hérite du duché de Bourgogne, ainsi que de tous les titres et possessions de son père : duc de Lothier, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, comte de Flandre, d'Artois, de Bourgogne palatine, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur, marquis du Saint-Empire, seigneur de Frise. Il est premier pair de France, mais, en dehors de ses campagnes, il réside à Bruges, Bruxelles et Malines. Il fonde une puissante armée bourguignonne de métier mais aussi (et cela sera une des raisons de son effondrement final) de mercenaires issus de tous les pays d'Europe. Charles de Valois-Bourgogne perpétue la politique de ses prédécesseurs : volonté d'indépendance souveraine de l'État bourguignon vis-à-vis du royaume de France
En octobre 1468, craignant une résurrection de la Ligue du Bien Public et le débarquement d'une armée anglaise pour la soutenir, Louis XI vient à Péronne, quartier général bourguignon du moment, discuter d'un accord de paix. En échange de celle-ci, le duc Charles souhaite, lui, obtenir une confirmation de la ligne de la Somme et une juridiction souveraine sur ses fiefs français12. Alors que les négociations ne sont pas loin d'aboutir, Charles apprend avec colère que Liège, semble-t-il encouragée par des émissaires français, s'est à nouveau révoltée. Pris au piège à Péronne et craignant pour sa vie, Louis XI est alors contraint de signer le traité aux conditions du duc Charles et de l'accompagner dans l'expédition punitive que celui-ci lance aussitôt contre la ville révoltée.
Malgré l'attaque surprise des Six cents Franchimontois et suite à celle-ci, Bourgogne prend Liège sans coup férir le 30 octobre 146813 et — en présence de Louis XI, probable instigateur de la révolte14 — la livre au pillage et au feu, avant de la faire raser
En octobre 1476, avec une armée reconstituée vaille que vaille, Charles le Téméraire qui veut sauver le trait d'union lorrain entre les Bourgognes et ses Etats du nord37, remet le siège devant Nancy, reprise entre-temps par le duc René II de Lorraine. Là, refusant de se replier en son duché de Luxembourg, il trouve la mort le 5 janvier 1477 à la bataille se déroulant au sud de la ville.
Lors de cette bataille, du fait de l'écrasante supériorité numérique des troupes lorraino-suisses (encore accentuée par la trahison d'un des lieutenants du Téméraire, Nicolas de Montfort, comte de Campobasso qui vient de passer à l'ennemi avec ses lances et mercenaires), l'armée bourguignonne est rapidement submergée38. Ce qu'il en reste se replie vers le pont de Bouxières-aux-Dames qui permettrait de fuir vers Metz. Mais Nicolas de Montfort y attend sa vengeance. Croyant que ses cavaliers sont toujours fidèles à la cause bourguignonne et qu'ils sont restés là pour leur assurer le libre passage du pont, les Bourguignons se précipitent, mais Campobasso massacre les fuyards et les Suisses qui les poursuivent en font de même. Une sortie de la garnison de Nancy achève l'éparpillement des troupes du Téméraire39.
Deux jours après la bataille, le corps du « Grand Duc d'Occident » est retrouvé, nu, le crâne fendu jusqu'aux dents par un coup de hallebarde40, une joue rongée par les loups, au bord d'un étang marécageux dit « étang Saint-Jean », à l'emplacement de l'actuelle place de la Croix de Bourgogne, à Nancy (nul ne peut dire avec certitude qui, dans la soldatesque anonyme, lui porta le coup fatal mais la tradition relate qu'un obscur soldat nommé Claude de Bauzémont se serait jeté sur lui sans le connaître; Charles aurait crié « Sauvez le duc de Bourgogne ! », ce qui aurait été compris comme « Vive le duc de Bourgogne ! » et aurait entraîné sa mise à mort immédiate41). Une simple croix, au centre de cette place, a longtemps marqué l'endroit de sa mort (souvenir remplacé plus tard par un monument édifié à la mémoire du duc René II de Lorraine). Ramenée à Nancy, la dépouille mortelle du Téméraire est exposée sur un lit de parade dans la maison de Georges Marqueix, au numéro 30 de la Grande-Rue (cette maison n'existe plus aujourd'hui mais son emplacement est signalé par un pavage de granit noir et blanc dessinant une croix de Lorraine et la date 1477). La dépouille de Charles de Bourgogne fut inhumée sur place dans la collégiale Saint-Georges — aujourd'hui disparue. En 1550, elle fut transférée à l'église Notre-Dame de Bruges à la demande de Charles Quint
description et histoire de l'église notre dame L'église Notre-Dame de Bruges (Vrouwekerk) est construite au XIIIe siècle sur l'emplacement d'une église romane dans le cœur historique de Bruges. Son architecture est inspirée de celle de la cathédrale Notre-Dame de Tournai.
Entre 1270 et 1340 est construite la tour de 122 mètres de haut, placée sur la nef collatérale nord.
Vers le milieu du XVe siècle une flèche de 54 mètres de haut en brique est ajoutée à l'édifice (une des plus hautes constructions en briques du monde).
Voici ce que Victor Hugo dit du tombeau du téméraire et de celui de sa fille :
"Le tombeau de Charles le Téméraire et celui de sa fille Marie de Bourgogne sont là, dans une chapelle. Deux monuments en airain doré et en pierre de touche. La pierre de touche ressemble au plus beau marbre noir, avec quelque chose de plus souple à l’œil et de plus harmonieux. Chaque tombeau a sa statue couchée qui paraît toute d’or, et sur les autres faces des blasons, des figures et des arabesques sans nombre. La tombe de la duchesse Marie est du XVe siècle, celle de Charles est du XVIe. Le corps du duc fut transporté de Nancy à Bruges par Charles-Quint, cet empereur prudent, fils de Jeanne la Folle et petit-neveu de Charles le Téméraire (sic). Rien de plus magnifique que ces deux tombes, celle de Marie surtout. Ce sont d’énormes bijoux. Les blasons sont en émail. Aux pieds du duc il y a un lion, aux pieds de Marie deux chiens dont l’un semble gronder de ce qu’on approche sa maîtresse. C’est une chose surprenante, aux quatre faces du monument, que cette forêt d’arabesques d’or sur fond noir avec des anges pour oiseaux et des blasons pour fruits et pour fleurs. "
Mais un mystère demeure comment c'est deux tombeaux sont parvenus jusque nous ? Car lors de l'invasion des pays bas et de la Flandre par les troupes républicaines les églises et monastères subirent le même sort qu'en France. Alors que de nombreux trésors disparurent dans les creuset ces deux chef d’œuvres de l'art du XVI éme siècle ont survécu et sont toujours en place dans l'église .
photos Tombeaux de Marie de Bourgogne et de Charles le Téméraire dans l’église Notre-Dame
détail du visage du téméraire
détail du gisant de Marie de Bourgogne
Autre vue du tombeau du téméraire
Vue de l'autre face - on distingue son heaume, entre autre .
Au plaisir .